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Conviction des peuples concernant les particularités de l’islam

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La religion musulmane, la voie de la paix et du bonheur([1])

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

Conviction des peuples concernant les particularités de l’islam

La religion musulmane est le principal animateur pour les peuples de cette région sensible du monde, pour plusieurs raisons que nous indiquons rapidement :

1 – ils sont convaincus que la religion est le système capable d’assurer le bonheur à l’être humain, dans cette vie, car elle a été instaurée par Dieu le Très-Haut, le Créateur de l’être humain et le Connaisseur de ce qui le réforme, redresse sa déviation et traite ses maux. D’ailleurs, quand un appareil conçu pour agir selon un ordre précis et de manière correcte, tombe en panne, il est normal de se tourner vers la partie qui l’a fabriqué. Cette simple équation ne nécessite pas une preuve.

Ces peuples ont trouvé dans la loi islamique ce qui organise tous les détails de leur vie individuelle et sociale, y compris les règles à observer au cours des repas, la cessation ou la liaison sexuelle entre les époux, reprenant les dires de leurs imams (paix sur eux) : « aucun fait n’est dépourvu d’un jugement divin ».

2 – Echec des systèmes instaurés par les humains pour organiser leur vie. Nous avons assisté à la manière dont le communisme s’est effrondré à partir de sa forteresse, et comment la gigantesque Union soviétique a disparu, alors que le régime capitaliste suit sa trace ; car les maux sociaux, psychologiques et économiques rongent leur corps, et les peuples de l’occident commencent à s’agiter contre les régimes qui les commandent. Ceci a été exprimé dans les conférences et les manifestations auxquelles nous avons assisté, contre la mondialisation, à Seattle et Davos. Des manifestants ont même été tués, comme en Italie.

L’échec de ces systèmes était prévisible car ils sont issus de l’humain, impuissant et médiocre, qui s’ignore lui-même, comment peut-il alors connaître autrui et écrire « l’homme cet inconnu ».

3 – Les imams de l’Islam et les ulémas de la religion musulmane sont réputés pour leur intégrité, leur droiture, leur mépris de la vie ici-bas et leur don de soi, qualités qui les ont élevés aux yeux des gens, qui les ont suivis et leur ont accordé pleine confiance, en reprenant leurs paroles. Le commandant des croyants, Ali b. Abi Talib (paix sur lui), qui fut le chef d’un immense Etat, a dit, du haut de sa chaire à al-Kufa, après y avoir transféré la capitale à la place de Médine : « Si je sors parmi vous, endossant un manteau différent de celui que j’avais en venant de Médine, je serais un traître ».

4 – Les gens croient à l’existence d’une seconde vie, où l’être humain reçoit la rétribution de ce qu’il fait dans cette vie ici-bas. La rétribution d’un bon acte est le paradis, alors que le châtiment d’un acte mauvais est l’enfer. Des hommes sincères et de confiance, dont la probité ne peut être contestée, soit les prophètes,  ont rapporté la véracité de ceci. Ces prophètes sont au nombre de cent vingt quatre milles au cours des milliers d’années, ce qui signifie que cette vérité ne peut être niée. Le respect de la religion assure aux gens le gain du paradis et la délivrance des souffrances que Dieu le Très-Haut fait subir, dans la demeure éternelle. D’où l’obligation de ne pas dilapider cette issue.

5 – La religion musulmane ne représente pas seulement, pour les musulmans, des rites d’adoration que l’individu accomplit dans des lieux précis qui leur sont consacrés, mais les musulmans trouvent plutôt dans l’islam leur civilisation, leur culture, leur histoire, leurs coutumes et leurs traditions. C’est pourquoi le musulman en est fier, il ne la dilapide pas, il la défend, il s’y accroche, comme les peuples du monde s’accrochent à ces aspects de leur vie, et se sacrifient en leur faveur.

 C’est pourquoi et plus encore, la religion exerce une grande influence sur l’esprit des peuples, oriente leur affectivité et définit leurs positions. Le monde entier en a pris conscience, grâce aux divers médias, et a vu comment ces peuples se comportent avec leurs rites religieux, comme le pèlerinage à l’honorable La Mecque et la visite au 40ème jour du mausolée de l’imam al-Hussayn, à Karbala’, et leur interaction avec l’appel de la religion.

Cet état n’est pas nouveau pour nous, l’histoire des peuples de la région est saturée de preuves de cette influence, et les véritables révolutions de libération au cours du siècle dernier dans les pays de cette région puisent leur force de cette fameuse religion. La majorité de ses dirigeants étaient des ulémas comme Ibn Badis en Algérie ou Umar al-Mukhtar en Lybie, Abdel Rahman Kawakibi en Syrie et les autorités de référence (marj’a) en Iraq et en Iran.

 

 

Influence de la religion dans la vie

Parce que la religion exerce cette influence considérable dans les cœurs, elle peut être mise au service de nombreuses réalisations au profit des peuples, ce que ne peuvent accomplir d’autres moyens, comme par exemple les milliards de dollars dépensés pour couvrir les publicités de lutte contre le tabagisme, et la fondation d’institutions et d’associations pour traiter ce phénomène, sans pourtant réussir. Cependant, il suffit de moins d’une ligne prononcée par l’autorité de référence religieuse pour régler la question, lorsque le gouvernement britannique a conclu, à la fin du XIXème siècle un accord avec le shah kajarite d’Iran, qui lui assure l’exclusivité de l’achat, de la fabrication et de l’exportation du tabac en Iran, pendant 50 ans. Les personnes honnêtes ont ressenti le danger représenté par ce accord sur l’économie et la politique d’Iran, puisqu’il entraînait la dépendance et la corruption du peuple de ce pays. Ils ont convaincu la haute autorité de référence, Sayyid Muhammad Hassan Shirazi, qui siégeait dans la ville de Samarra’ en Iraq, de la nécessité de s’y opposer. Il écrivit sur un bout de papier « le consommateur de tabac combat l’imam du temps » (Imam al-Mahdi, ndt). Le peuple iranien en entier cessa de fumer, et même l’épouse du shah brisa la pipe dont elle se servait, en signe d’obéissance à l’autorité de référence religieuse, ce qui fit échouer le plan britannique.

Nous avons essayé, nous le peuple iraqien, la force de l’impact de la religion dans la vie de la nation en 1998-1999, lorsque le martyr sayyid Muhammad Muhammad Sadeq al-Sadr a dirigé la prière bénie du vendredi en Iraq, avec la participation de centaines de milliers de fidèles, ce qui eut pour conséquence la chute à 90% du crime, de la corruption et de la déviation, de l’aveu des responsables, malgré la pauvreté, la privation, la tyrannie et la corruption administrative étendue.

L’être humain et l’univers dans l’Islam

Etant donné que la religion instaure les principes humains élevés et agit pour les consolider dans les cœurs des humains, elle est dès lors le moyen le plus réussi pour assumer ce rôle, celui de sauver l’humanité des problèmes et troubles et de la terreur qui la guette. Les Occidentaux l’ont remarqué et reconnu leur échec à supprimer le Sida, et ont reconnu que le moyen le plus sûr pour le traiter gît dans l’éducation spirituelle et morale, et dans le respect des valeurs célestes au niveau des relations humaines, ce qui est juste, mais il fallait qu’ils s’en préoccupent bien avant, selon deux aspects :

Le premier : nous avions déjà dit que l’être humain a été créé par Dieu le Très-Haut, et par conséquent, personne ne peut décrire le traitement réussi et total pour ses problèmes et ses maux, mis à part le Créateur Lui-même.

Le second : les lois et règles régissant l’être humain et l’univers sont reliées car Celui qui les a ajustées est Unique. Par conséquent, toute faille, déviation ou désobéissance à Dieu, gloire à Lui, commise par l’être humain bouleverse toutes les parties de la nature.

Vous ne pouvez probablement pas comprendre cette relation dialectique, mais je souhaite rappeler un exemple qui l’illustre. Le centre de l’Europe, et notamment la Bavière en Allemagne, a subi d’importantes inondations, au cours d’un été récent, phénomène qu’il n’avait pas vu depuis 150 ans. Des dizaines de morts et de blessés ont été signalés, et de nombreuses maisons ont été détruites. On rapporta à l’époque que la non signature par les Etats-Unis du traité de Kyoto, en vue de préserver l’environnement, en était la raison. Ce traité invite à éviter de faire fonctionner les usines au même moment, pour empêcher l’effet de serre et l’élévation de la température, qui cause la fonte des glaciers et par conséquent, les inondations.

Donc, la contrariété de ce principe humain, qui est en harmonie avec les enseignements et les valeurs célestes, a entraîné des catastrophes naturelles. Le contraire est aussi vrai, ce qui veut dire que le respect des enseignements célestes et des principes humains élevés assure à toute l’humanité une vie fraternelle, paisible, heureuse et abondante. Dieu le Très-Haut dit dans le Noble Coran :

 

 

وَلَوْ أَنَّ أَهْلَ الْقُرَى آمَنُوا وَاتَّقَوْا لَفَتَحْنَا عَلَيْهِمْ بَرَكَاتٍ مِنَ السَّمَاءِ وَالأَرْضِ وَلَكِنْ كَذَّبُوا فَأَخَذْنَاهُمْ بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ] (الأعراف:96).

« Et si les habitants de ces cités avaient cru et avant craint Dieu, Nous aurions à coup sûr répandu sur eux des bénédictions du ciel et de la terre ; mais ils ont crié au mensonge. Aussi les avons-Nous sanctionnés en raison de leurs péchés. » (Les Murailles, 7 : 96)

L’Islam et les idéaux

La religion est saturée par ces idéaux, considérés comme étant le principal objectif de la mission du prophète Muhammad (PSL), celui de compléter la morale des humains. Il dit « Je fus envoyé pour parfaire la bonne moralité» et il appelle à l’Islam. Dieu le Très-Haut dit :

[يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا ادْخُلُوا فِي السِّلْمِ كَافَّةً وَلا تَتَّبِعُوا خُطُوَاتِ الشَّيْطَانِ] (البقرة: 208)

« Ô croyants ! Rangez-vous tous sous la bannière de l’islam ! Gardez-vous de suivre les traces de Satan ! » (La Vache, 2 : 208)

Son salut est la paix. Une des attitudes sur laquelle Il a insisté, la propagation de l’Islam dans la société et Il a ordonné d’instaurer l’équité et la charité

[إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ والإحسان وَإِيتَاءِ ذِي الْقُرْبَى وَيَنْهَى عَنِ الْفَحْشَاءِ وَالْمُنْكَرِ وَالْبَغْيِ يَعِظُكُمْ لَعَلَّكُمْ تَذَكَّرُونَ] (النحل:90)

« En vérité, Dieu ordonne l’équité, la charité et la libéralité envers les proches, et Il interdit la turpitude, les actes répréhensibles et la tyrannie. Dieu vous exhorte ainsi pour vous amener à réfléchir. » (Les Abeilles, 16 : 90)

Même envers les non-musulmans tant qu’ils n’agressent pas. Dieu le Très-Haut a dit :

[لا يَنْهَاكُمُ اللَّهُ عَنِ الَّذِينَ لَمْ يُقَاتِلُوكُمْ فِي الدِّينِ وَلَمْ يُخْرِجُوكُمْ مِنْ دِيَارِكُمْ أَنْ تَبَرُّوهُمْ وَتُقْسِطُوا إِلَيْهِمْ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ] (الممتحنة:8) .

« Dieu ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. » (L’Eprouvée, 60 : 8)

Il appelle au dialogue avec les autres religions

[قُلْ يَا أَهْلَ الْكِتَابِ تَعَالَوْا إلى كَلِمَةٍ سَوَاءٍ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمْ أَلا نَعْبُدَ إِلا اللَّهَ وَلا نُشْرِكَ بِهِ شَيْئاً وَلا يَتَّخِذَ بَعْضُنَا بَعْضاً أَرْبَاباً مِنْ دُونِ اللَّهِ] (آل عمران: 64)

« Dis : « ô gens des Ecritures ! Mettons-nous d’accord sur une formule valable pour nous et pour vous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en dehors de Dieu ». » (La Famille de ‘Imran, 3 : 64)

Et Il aménage la manière de dialoguer :

وَلا تُجَادِلُوا أَهْلَ الْكِتَابِ إِلا بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ] (العنكبوت: 46) 

« Ne discutez pas avec les gens des Ecritures que de la manière la plus courtoise »  (L’Araignée, 29 : 46)

Il dit :

[ادْعُ إلى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ] (النحل: 125)

« Appelle à la voie de ton Seigneur avec sagesse et par de persuasives exhortations. Sois modéré dans ta discussion avec eux. » (Les Abeilles, 16 : 125)

Il donne une entière liberté à l’être humain pour adopter la doctrine dont il est convaincu :

[لا إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ] (البقرة: 256)،

« Pas de contrainte en matière de religion » (La Vache, 2 : 256)

Il ordonne d’assurer la sécurité et toutes les conditions nécessaires pour quiconque recherche la vérité, en lui laissant la liberté de décision :

[وَإِنْ أحد مِنَ الْمُشْرِكِينَ اسْتَجَارَكَ فَأَجِرْهُ حَتَّى يَسْمَعَ كَلامَ اللَّهِ ثُمَّ أَبْلِغْهُ مَأْمَنَهُ] (التوبة: 6)

« Si un des idolâtres te demande asile, accorde-le-lui afin qu’il puisse entendre la Parole du Seigneur. Puis fais-le parvenir en lieu sûr » (Le Repentir, 9 : 6)

Il considère que l’envoi du prophète (PSL) est une miséricorde enves les gens, pour les sauver et les rendre heureux. Le Très-Haut dit :

[وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلا رَحْمَةً لِلْعَالَمِينَ] (الأنبياء:107)،

« Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde envers l’Univers » (Les Prophètes, 21 : 107)

Il n’a pas spécifié les musulmans, car Il est une miséricorde pour toutes les créatures. Je ne m’attarderai pas sur les preuves, même si le fait d’aborder ce thème reste utile, intéressant et même passionnant.

Frères et sœurs !

Lorsque vous avez fondé l’Organisation du « Congrès mondial des religions pour la paix », vous avez endossé une lourde responsabilité, qui est cependant élevée, admirable et respectable. Nous vous en remercions et vous félicitons. Vous êtes invités à activer son rôle en fondant ces principes grandioses et en diffusant la culture de la sympathie, de la paix, de l’entente, du respect d’autrui, et non la culture de l’extrémisme, du fanatisme et de la belligérance, qui a fait périr la semence et la progéniture.

Dans l’Iraq blessé, nous souffrons des injustices et des agressions, de la négation de nos droits les plus élémentaires, sous des prétextes divers. Nous vous appelons à l’aide, et vous demandons de nous accorder un rôle convenable. Nous sommes un peuple issu d’ une profonde civilisation qui possède tous les potentiels de l’épanouissement et de l’élévation. Le premier dans ce sens consiste à comprendre clairement nos revendications et à agir équit     ablement avec elles, selon la parole du Très-Haut :

[وَلا تَبْخَسُوا النَّاسَ أَشْيَاءَهُمْ] (الأعراف: 85)

« Ne sous-estimez pas les biens des gens » (Les Murailles, 7 : 185)



([1]) Allocution devant être prononcée par le représentant de l’Ayatollah sheikh Mohammad Al-Ya’qubi, à la troisième conférence de l’organisation du congrès mondial des religions pour la paix, inaugurée à Amman le 10/3/2004, mais qui n’a pu être prononcée, n’ayant pas pu voyager, pour des raisons administratives et techniques.